Hanoucca, Méditation sur la lumière de l’altruisme

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Dans la sagesse de la Kabbale, l’obscurité symbolise l’ego ou le mauvais penchant, toutes les forces négatives conduisant l’Homme à la division et à la volonté délibérée de s’approprier les biens d’autrui. Ce concept d’ »obscurité » se réfère à la dimension négative du désir de recevoir pour soi-même. Il s’agit d’un état où l’individu se concentre uniquement sur la satisfaction de ses besoins personnels. Lorsque l’individu est incapable d’influencer et de donner aux autres, il se trouve dans un état d’ »obscurité intérieure spirituelle ». L’absence de capacité à donner est appelée « obscurité, ténèbres ». Le terme hébraïque pour définir cet état d’absence se dit  » ‘HoSheKh » חֹשֶׁךְ dont la racine ‘H.S.K./ ח.ש.כ. signifie « manquer ».

Le fléau d’obscurité frappant l’Egypte constitue le signe explicite du manque d’empathie des Égyptiens à l’égard des Hébreux qui, eux, jouissent au contraire de la lumière, symbole d’union et de partage.

כא וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, נְטֵה יָדְךָ עַל-הַשָּׁמַיִם, וִיהִי חֹשֶׁךְ, עַל-אֶרֶץ מִצְרָיִם; וְיָמֵשׁ, חֹשֶׁךְכב וַיֵּט מֹשֶׁה אֶת-יָדוֹ, עַל-הַשָּׁמָיִם; וַיְהִי חֹשֶׁךְ-אֲפֵלָה בְּכָל-אֶרֶץ מִצְרַיִם, שְׁלֹשֶׁת יָמִים. כג לֹא-רָאוּ אִישׁ אֶת-אָחִיו, וְלֹא-קָמוּ אִישׁ מִתַּחְתָּיו שְׁלֹשֶׁת יָמִים; וּלְכָל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל הָיָה אוֹר, בְּמוֹשְׁבֹתָם. (שמות י: כא-כג)21 Et l’Éternel dit à Moïse: « Dirige ta main vers le ciel et des ténèbres se répandront sur le pays d’Égypte, des ténèbres opaques. » 22 Et Moïse dirigea sa main vers le ciel et d’épaisses ténèbres couvrirent tout le pays d’Égypte, durant trois jours. 23 On ne se voyait pas l’un l’autre et nul ne se leva de sa place, durant trois jours mais tous les enfants d’Israël jouissaient de la lumière dans leurs demeures. (Exode 10: 21-23)

L’Humanité doit surmonter l’opacité de cette obscurité aliénante et être capable d’apporter de la lumière à autrui par le partage, le désir d’union et de dialogue.

Exercice

Le processus pour surmonter l’obscurité (l’ego) comprend:

1. La découverte du mal: Identifier l’ego et le mauvais penchant en nous. Suis-je capable de vraiment écouter attentivement mon prochain ?

2. Le travail sur soi: L’effort pour se connecter avec les autres et les influencer positivement. Suis-je capable de partager généreusement mon temps, mes connaissances et mon expérience avec autrui sans nécessairement vouloir en tirer un avantage utilitariste ?

La lumière partagée avec autrui n’enlève rien à ma propre lumière elle-même. Au contraire, loin d’être amoindrie, ma lumière va grandissant car tous les êtres de notre monde se nourrissent essentiellement de connexions sociales nécessaires à l’édification d’un monde meilleur où il n’y aurait plus de guerre!

3. Le changement de perception: Prendre conscience que la lumière symbolise l’influence positive sur autrui et une bonne relation avec les autres. Ai-je véritablement conscience que donner à autrui une partie de soi-même, une partie de sa lumière signifie recevoir aussi une part de la lumière d’autrui ?

« וְרָאִיתִי אָנִי, שֶׁיֵּשׁ יִתְרוֹן לַחָכְמָה מִן-הַסִּכְלוּת כִּיתְרוֹן הָאוֹר, מִן-הַחֹשֶׁךְ. » (קהלת ב: יג)

« Et j’ai vu qu’il y a un avantage à la sagesse sur la sottise, comme l’avantage de la lumière sur l’obscurité. » (Ecclésiaste 2: 13)

Ce verset riche d’interprétation invite l’Homme à la transformation intérieure. Le défi consiste à transformer l’obscurité en lumière, créant ainsi un « avantage » spirituel. Les difficultés et les manques constituent une opportunité de croissance et de développement spirituel. Ainsi, plus les difficultés seront grandes, plus la lumière sera forte.

Dans la Kabbale, si l’obscurité symbolise effectivement l’ego, la confrontation avec celle-ci fait partie du processus de développement spirituel. La sortie de l’obscurité se produit lorsque l’individu commence à développer une attitude de don et d’influence positive envers autrui, apportant ainsi la lumière spirituelle dans sa vie. Le but ultime de l’Humanité réside dans la volonté de recevoir la lumière infinie de l’Eyin Soph pour ensuite la partager et la transmettre en retour au plus grand nombre.

Hag Ourim Sameah!

Haïm Ouizemann

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