Pourim, Méditation sur la réparation du Nom divin

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« Car une main est sur le trône de l’Éternel [Kès YaH] : l’Eternel aura la guerre contre Amalek de génération en génération » (Exode 17, 16).

Rashi explique que la main du Saint Béni soit-Il s’est levée pour jurer par Son trône d’avoir une guerre éternelle contre Amalek. Il soulève deux « anomalies » textuelles :

  • Pourquoi est-il écrit Kès (כס) au lieu de Kissé (כסא – trône) ?
  • Pourquoi le Nom Divin est-il divisé en deux (YaH – י-ה au lieu du Tétragramme complet) ?

« Le Saint Béni soit-Il a prêté serment que Son Nom n’est pas entier et que Son Trône n’est pas entier tant que le nom d’Amalek n’aura pas été totalement effacé. Lorsqu’Amalek sera détruit, l’unité sera restaurée, comme il est dit : « L’ennemi a fini, les ruines sont à jamais » (Psaumes 9), suivi de « Et l’Eternel [Nom complet י.ה.ו.ה.  ] siège à jamais » et « Il a affermi Son trône [complet] pour le jugement » ».

De quelle brisure s’agit-il ?

Que signifie restaurer l’unité du Nom divin ?

Le Talmud (Traité Mena’hot 29b) enseigne que la Divinité a créé deux mondes :

Ce monde-ci avec la lettre (ה) et le monde futur avec la lettre Yod (י). Ensemble, ils forment le nom YaH (י-ה).

  • Le lien de causalité : Le monde futur découle de nos actions et de notre réparation (Tikkoun) dans ce monde-ci.
  • Le rôle d’Amalek : Amalek vient corrompre ce processus de réparation. Tant qu’il existe, il y a une déconnexion (un « voile ») entre ce monde-ci et le monde futur (le monde de la révélation pleine et entière du Nom divin en son intégralité י.ה.ו.ה.). C’est pourquoi le Nom est « coupé » en deux, symbolisant cette séparation entre la réalité physique et la sainteté future, l’avènement d’un monde meilleur sans violence et sans mensonge.

A l’heure actuelle, le monde est marqué par l’obscurité, le doute, le relativisme des valeurs morales et l’incertitude intérieure.

Amalek – Haman dans le rouleau d’Esther – combat l’Eternel par le biais d’Israël :

וַיָּבֹא עֲמָלֵק וַיִּלָּחֶם עִם-יִשְׂרָאֵל בִּרְפִידִם

Amalek survint et attaqua Israël à Refidim (Exode 17 : 8)

Le verset en hébreu renferme exactement 26 lettres, le compte exact du Tétragramme י.ה.ו.ה. (Y-H-V-H). (10 + 5+ 6 +5 =26).

Effacer Amalek, c’est supprimer le voile qui sépare le Yod-Hé du Vav-Hé, permettant ainsi à la lumière du monde futur d’inonder notre réalité présente.

Les consonnes Yod (י) et Hé (ה) représentent le monde de la pensée. C’est un niveau de sainteté caché, le « Monde Caché » (Alma d’itkassia). L’union de ces deux lettres reflètent le plan divin cache des hommes.

Quant aux consonnes Vav (ו) et Hé (ה), elles représentent le monde de l’action, le « Monde Révélé » (Alma d’itgalia).

Tant que les consonnes Vav-Hé ne sont pas unies aux consonnes Yod-Hé, la Divinité reste une idée abstraite, confinée aux mondes supérieurs. Le travail de réparation (Tikkoun) effectué uniquement par l’Homme consiste à faire descendre la sainteté du Yod-Hé dans les émotions et les actes concrets symbolisés par les consonnes Vav-Hé.

Le « Vav » et le « Hé » : La révélation (Action)

Les deux dernières lettres, ו-ה (Vav-Hé), représentent le monde de la révélation et de l’action. Le Vav est un crochet, une extension qui fait descendre la lumière d’en haut vers le bas (le dernier ).

  • Où se révèlent-elles ?

C’est le moment du « Retournement » (Vénahafokh hou). Le passage du Nom caché – le Nom divin n’apparait jamais explicietement dans le Rouleau d’Esther – au Nom agissant se trouve dans l’acrostiche le plus célèbre de la Meguila (Esther 5 : 4) :

« Yavo Hamelekh VeHaman Hayom » (יָבוֹא הַמֶּלֶךְ וְהָמָן הַיּוֹם) — « Que le Roi et Haman viennent aujourd’hui ».

Ici, les initiales forment le Tétragramme entier Y-H-V-H :

  • Le Vav (ו) apparaît avec le mot VeHaman (« Et Haman »). C’est le lien de causalité. C’est en faisant venir Haman (l’action concrète) que le plan caché (le Yod-Hé) se révèle dans la réalité.
  • Le (ה) final apparaît avec Hayom (« Aujourd’hui »). C’est la révélation ici-bas, dans le temps présent.

Unité absolue :

וְהָיָה יְהוָה לְמֶלֶךְ עַל-כָּל-הָאָרֶץ בַּיּוֹם הַהוּא יִהְיֶה יְהוָה אֶחָד וּשְׁמוֹ אֶחָד.

L’Eternel sera roi sur toute la terre; en ce jour, l’Eternel (Y-H-V-H) sera Un et Unique sera son nom. (Zacharie 14 : 9)

Exercice pratique :

Pour sceller cette unité et repousser l’influence d’Amalek (le doute et la séparation- Amalek en hébreu = 90/ Safek (doute) = 90) lors d’une action concrète, voici une Kavana (intention) structurée que vous pouvez utiliser. Elle est conçue pour transformer un acte banal en un acte de réparation (Tikkoun).

La Kavana (Intention de l’esprit) du Nom complet (L’Unification)

Avant de commencer une action quotidienne, marquez un temps d’arrêt et récitez ou méditez cette pensée :

»Je me tiens ici pour accomplir cette action, afin d’unifier le Nom du Saint Béni soit-Il. «

Visualisation en quatre étapes :

Le point » Yod – (י) : »Que l’étincelle de ma volonté vienne de Ta Sagesse (Celle du Ayin Soph). (Visualisez l’idée pure de l’acte).

L’espace « Hé » – (ה) : Que mon intelligence comprenne comment manifester cette volonté dans le bien. (Visualisez le plan de votre action).

Le lien « Vav » – (ו) : Que mon cœur soit droit et mon émotion pure, sans le doute d’Amalek. (Visualisez une ligne de lumière descendant de votre esprit vers vos mains).

L’ancrage « Hé » : (ה) : Que cette action physique devienne un trône complet pour Ta Présence (Celle du Ayin Soph ou She’hina) ici-bas. (Réalisez l’action).

L’unification de ces quatre étapes – des quatre lettres formant le Tétragramme – révèle la lettre manquante au trône divin (Kes), l’Aleph (א), qui vaut 1. Cette même consonne Aleph (א) peut se décomposer en trois autres consonnes (structure interne): Vav + Yod + Yod dont la valeur numérique équivaut à 26, soit la même valeur numérique que le Nom divin lui-même.  

En pratiquant cette intention, l’on ajoute l’Aleph au Kès pour qu’il devienne Kissé (Trône), et l’on unit par là-même les consonnes Vav-Hé aux consonnes Yod-Hé pour que le Nom soit Un.

La prière hébraïque journalière est toujours introduite par ce passage araméen :

לְשֵׁם יִחוּד קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וּשְׁכִינְתֵּיהּ, בִּדְחִילוּ וּרְחִימוּ, לְיַחֵד שֵׁם יוֹ »ד הֵ »א בְּוָא »ו הֵ »א בְּיִחוּדָא שְׁלִים.

« Pour l’unification du Saint, Béni soit-Il [le Vav] et de Sa Shekhina [le Hé final], dans la crainte et l’amour, pour unir le nom Yod-Hé [le plan caché] au Vav-Hé [le plan révélé] en une unité parfaite. »

C’est ainsi que, génération après génération, Amalek, la racine du Mal absolu, est effacé : non pas seulement par la force, mais par la lumière de la conscience qui ne laisse aucune place au vide.

Bonne méditation en cette fête de Pourim où Israël combat les forces obscures de la République islamique de l’Iran, les héritiers d’Amalek et d’Haman!

Haim Ouizemann

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